Pierre Thuillier/Fenacerem et Didier Baumgarten/Fnaem au secours des points de vente

Depuis le mois de mars, l’activité économique française tourne au ralenti. Une période bien difficile pour des secteurs comme ceux de l’aménagement et de l’électroménager.

Durant ces deux mois de confinement, la Fenacerem et la Fnaem se sont alliées pour venir en aide aux différents points de vente. Les opérations ont été chapeautées par leurs Présidents et le Vice-Président de la Fnaem en charge des affaires sociales et du rapprochement des 2 branches. Un point d’honneur a été mis pour obtenir un maximum de soutien de la part des services publics, ou autres comme la Sacem et les éco-organismes, face à une fermeture des magasins. Pour informer leurs adhérents sur les dispositifs de soutien qui seront instaurés, 200 000 mails ont été envoyés et une quarantaine de campagnes d’information ont été diffusées. Mais, en cette période particulière, les interrogations – dans les domaines sociaux, fiscaux et commerciaux – ont doublé, surtout au mois de mars. Maintenant que la France est en phase de déconfinement, la Fnaem et la Fenacerem ont apporté leur aide aux magasins pour préparer et faciliter leurs réouvertures. Cela passe par l’édition de préconisations sanitaires de branche dès mi-avril et par quatre vagues de commandes de matériels de protection. Déjà deux millions de masques sont attendus. Des négociations, aux côtés de leurs partenaires sociaux, ont débouché sur la signature, par la CFDT et la CFTC, de deux accords s’appliquant aux sociétés de moins de cinquante salariés. La date des soldes est encore en débat ; tout comme une éventuelle annulation des loyers pour mars et avril, une possibilité de diminuer les crédits ou encore une aide maximale de 1 500 € en fonction de la situation du salarié.

Elaboration d’un plan de relance
Pour permettre à l’activité économique de repartir, la Fnaem et la Fenacerem se sont fixé plusieurs objectifs. Le premier, obtenir une dégressivité la plus lente possible du chômage partiel. Cela permettrait aux magasins qui reprennent progressivement de limiter les difficultés financières. Une réponse du ministère du Travail était attendue mi-mai. Le deuxième consiste à soutenir la consommation de meubles et d’électroménager. Pour cela une demande de déblocage des PEL et des Plans d’Epargnes Entreprises a été formulée. Enfin, le troisième est de soutenir la trésorerie en demandant une annulation de la CFE pour les montants inférieurs à 3 000 € annuels et de faire une proposition d’abaissement de 30 %. Une volonté de faire baisser le plafond de la CET à 2 % a été exprimée tout comme la diminution de certains taux de TVA. Le dispositif du carry back devrait être réactivité.

Quel avenir pour 2020 ?
Après ces deux derniers mois, les secteurs de l’ameublement et de l’électroménager ont été endommagés. Le marché domestique du meuble enregistre une chute de 51,6 % entre mars 2019 et mars 2020. L’évolution du cumul en un an s’élève à une baisse de 16,2 %. En effet, l’achat de mobilier n’a pas été une priorité pour le consommateur. De plus, la livraison était, dans certains cas, impossible à cause du volume trop important des pièces. Le mois d’avril n’a fait qu’empirer les choses. En Chine, ce marché est en train de reprendre progressivement mais les prévisions 2020 annoncent une diminution allant de 20 à 30 %. Pour ce qui est de l’électroménager, la fermeture brutale des magasins a provoqué une baisse estimée à 50 %. Au mois d’avril, les activités liées au click&collect ainsi que les livraisons et la réouverture légale des magasins affichent le même pourcentage. Pour l’année 2020, les prévisions affichent une décroissance de 15 %.
La crise sanitaire de la Covid-19 a donc jeté un froid sur l’économie française. Les secteurs comme l’ameublement ou encore l’électroménager devront faire preuve de patience avant de se relever complètement.