Etiquettes énergie : Version 3.0

D’après GFK, pour 8 Français sur 10, les étiquettes énergie sont des outils indispensables pour les consommateurs. Elles permettent de choisir un produit en fonction de ces dépenses en énergie, en eau, en électricité, etc. Afin d’actualiser le classement des appareils électroménagers, une 3e version d’étiquettes énergétiques entrera en vigueur en mars 2021.

Camille Beurdeley : Déléguée Générale du Gifam

À l’origine, les étiquettes énergie étaient destinées au froid : réfrigérateurs et congélateurs. En 25 ans, les étiquettes énergie ont dû s’adapter à l’évolution des attentes des consommateurs. Depuis 1995, elles se sont élargies aux sèche-linge, lave-linge, lave-vaisselle, mais aussi, à la cuisson. « Elles se sont renouvelées au fur et à mesure que les gains énergétiques et les contraintes environnementales devenaient plus forts sur les appareils. Les étiquettes énergie sont souvent couplées avec des mesures d’écoconception, qui viennent contraindre la fabrication et la production des appareils, pour diminuer leur impact environnemental », explique Camille Beurdeley, Déléguée Générale du Gifam.  

Une nouvelle législation

Patrick Le Dévéhat : Directeur Technique du Gifam.

La dernière et nouvelle législation concernant les étiquettes énergie est sortie à la fin de l’année 2019. « L’application ne se fera qu’au 1er mars 2021 », précise Patrick Le Dévéhat, Directeur Technique du Gifam. Sur certaines familles de produit (A+, A++, A+++ ), comme les appareils de froid et de lavage, des révisions en profondeur ont été faites. « Avec les nouveaux textes, les appareils classés A+++ vont se retrouver aux rangs C ou D », complète-t-il. Les critères de consommation (électricité, eau), de classification et de performance vont être conservés. En nouveauté, les consommateurs pourront désormais connaitre la durée d’un cycle de lavage, une information très attendue. Une bonne méthode pour choisir un programme adapté à la demande.

Une application très stricte

D’un point de vue technique, pour déclarer une classe, des méthodes de mesure sont appliquées. « Ce sont des normes européennes qui expliquent comment pratiquer la mesure. N’importe quel laboratoire est capable de faire ces mesures et, de vérifier l’annonce faite par un fabricant», détaille-t-il. Ce sont les fabricants, au moment de la mise en marché, qui effectuent les tests sur leurs appareils. « Plusieurs systèmes de contrôle se mettent en place. Le premier est étatique et représenté par des organismes de contrôle. En parallèle de cela, les fabricants se vérifient les uns, les autres. Des programmes ont également été lancés par la Commission européenne pour faire des prélèvements et des campagnes de tests », constate Camille Beurdeley.

Le cahier des charges permettant de classer les produits est extrêmement rigide. Il indique, pour un appareil de lavage par exemple, la performance pour nettoyer une tache. « Il faut que tous les résultats de tests effectués soient identiques entre eux, peu importe le moment et l’endroit », précise-t-elle. Ces textes reflètent une exigence de la Commission européenne et vont indiquer la classe en fonction du résultat obtenu.

Un sentiment anxiogène ?

« L’arrivée d’une nouvelle étiquette est quelque chose d’intense, qui rime souvent avec l’arrivée de nouveaux produits. Cette 3e version est tellement ambitieuse, qu’il est tout à fait probable que les classes les plus élevées, A et B, soient vides », déclare Camille Beurdeley. Cependant, il est important de comprendre qu’un produit en rang C ou D n’est pas forcément mauvais. Pour certaines familles de produits, il s’agit de très bonnes classes. Pour les fabricants, les enjeux sont majeurs en termes d’innovations. « Ce qui est compliqué dans un changement d’étiquette, c’est le moment de la période transitoire. Durant cette phase intermédiaire, il y aura 2 étiquettes dans les cartons destinés aux distributeurs », affirme-t-elle. Réviser l’étiquette énergie ne remet pas en cause la qualité d’un produit.

Pour accompagner les distributeurs et les consommateurs, le Gifam a élaboré 2 guides, les plus exhaustifs possibles. Leurs rôles, rassurer et permettre à chacun de bien comprendre sa mission. Il est important d’avoir une bonne cohérence au niveau européen. Depuis le lancement des premières étiquettes, la consommation en eau et en électricité a diminué de 60 à 70 %.